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La Chèvre des Pyrénées
Sobre, résistante, parfaitement adaptée à la montagne, autrefois très répandue mais redécouverte au début des années 90, la chèvre des Pyrénées est une race aux caractéristiques hétérogènes et aux productions diversifiées qui suscitent de nouveaux intérêts.

Description

Standard adopté lors de l’assemblée générale du 12 janvier 2008 :
Apparence générale Grande taille, ossature solide, pelage mi-long à long, rusticité générale
Tête Forte et massive ;
Oreille lourde, horizontale à tombante ;
Barbe chez les deux sexes ;
Cornes rectilignes en arrière, légèrement arquées et divergentes chez la femelle ou bien cornes de type « corn de boc » chez certaines femelles ;
Cornes développées chez le mâle ;
(les animaux mottes sont acceptés)
Aplombs Aplombs forts ;
Onglons écartés
Pelage Demi-long à long ;
Poil raide ;
Frange frontale fréquente (surtout chez les mâles)
Couleur de la robe De couleur variable : noir à blanc (marron foncé ou fougère sèche, laurèze, chocolat, miel, blanc crème)
Robe unie ou de plusieurs couleurs ;
Poil clair souvent localisé (tête, ventre, pattes)
Patron traditionnellement noir à brun foncé avec du poil clair localisé.
Caractères à éviter Poil court ; Oreilles dressées ; Pattes fines ; Raie noire sur le dos

Origine et Historique

La chèvre de race pyrénéenne est une chèvre autochtone à poil long souvent noir, qui peuplait traditionnellement toute la chaîne, du haut Conflent aux Pyrénées-Atlantiques, où elle était réputée pour la richesse de son lait et l’aptitude laitière de certaines de ses souches. Présente en petites troupes de 5 ou 6 dans les troupeaux d’ovins à vocation viande, elle constituait, en estive, un apport de lait frais nécessaire pour le berger et ses chiens.

Ce lait était également très consommé en ville. Entre 1870 et 1930, certains chevriers béarnais se rendaient à Paris et dans le Nord de la France pour vendre le lait directement au consommateur. Vers 1900 on comptait environ 1 500 chèvres des Pyrénées dans les rues de Paris. 

Cartes postales anciennes illustrant l'épopée des chevriers béarnais à Paris (collection Jean Noël Passal) :

La traite se faisait sur place, devant le client

Ce petit métier disparut progressivement après la première guerre mondiale, avec l'apparition de l'automobile, l'intensification de la circulation et les progrès des techniques de conservation et de transport des produits laitiers.

Evolution et Situation actuelle

La population de chèvres des Pyrénées est passée de 70 000 caprins en 1852 à 50 000 en 1957. Au cours des 50 dernières années, les effectifs ont fortement régressé. Suite à l'exode rural, à l’élimination des chèvres dans les zones forestières, et à la concurrence des races sélectionnées (Alpine, Saanen), la chèvre des Pyrénées était considérée comme quasiment disparue au début des années 90. Un premier inventaire des animaux et des troupeaux a été réalisé, à partir de 1993, conjointement par le Conservatoire du Patrimoine Biologique Régional de Midi-Pyrénées et le Conservatoire des Races d’Aquitaine.

A ce jour, 2 300 chèvres et 130 boucs sont recensés (en 2007). Ces résultats confirment l’existence d’une population caprine très vivace répartie d’est en ouest sur la chaîne Pyrénéenne en groupes d’élevages plus ou moins isolés. Il existerait au total une dizaine de souches correspondant à des berceaux d’origine différents.

Extrêmement rustique, la race chèvre des Pyrénées est parfaitement adaptée aux territoires de montagne. Habituée aux parcours accidentés et difficiles, elle entretient et participe à la valorisation et à la sauvegarde de ces espaces, tout en générant des produits de qualité, et très diversifiés (chevreaux vendus à Pâques ou à la descente d'estive, fromages fermiers à pâte lactique ou tommes des Pyrénées pures ou en mélange).

L'intérêt de préserver spécifiquement la Chèvre de race pyrénéenne est donc multiple : socio-économique (production de chevreaux et de lait/fromages, diversification des exploitations), environnemental (entretien de zones marginalisées menacées par la friche, biodiversité), culturel (race à fort caractère patrimonial).

Valorisation de la chèvre des Pyrénées

Le système le plus répandu est le semi-plein air : les animaux sont en grange l’hiver au moment des grands froids et des mises-bas avec un léger apport alimentaire. Les parcours, dont les bois, sont utilisés au printemps et à l’automne voire pendant l'hiver, par la majorité des éleveurs. La plupart des troupeaux allaitants utilisent l’estive de mai à octobre, de même que  certains troupeaux laitiers (la traite se fait alors en estive). Dans certains cas, si l’hiver n’est pas très rude, le troupeau peut rester dehors toute l’année. 

Généralement, les troupeaux laitiers valorisent des parcours et des pâturages proches de l'exploitation. 

Les productions sont diversifiées :

  • Production de chevreaux : la viande très prisée est appréciée par une clientèle régulière mais peu nombreuse ; le chevreau léger commercialisé à Pâques fait l’objet d’un marché plus important ; quant aux chevreaux qui transhument avec leurs mères, ils sont vendus comme broutards à la descente d'estive.
  • Traite et production fromagère pour 10% à 20% des éleveurs : le lait est transformé en fromages de type crottin (pâte lactique) ou en tommes des Pyrénées, un fromage à pâte pressée non cuite pur ou en mélange (vache, brebis, chèvre).
  • Elevage mixte lait / viande : les chevreaux sont laissés sous la mère 2 ou 3 mois avant de procéder à la traite et à la fabrication fromagère.
Depuis 2007, l'Association des Fromagers Fermiers et Artisanaux des Pyrénées et l'Association Chèvre de race pyrénéenne travaillent ensemble à mettre en place une marque collective pour les fromages de type lactique produits à partir de lait de chèvre des Pyrénées.
C'est le Cabrit des Pyrénées...


NB: Le Cabrit des Pyrénées existe également pour
des fromages de chèvres d'autres races (l'étiquette est différente)
  

Actions de sauvegarde

Différentes actions ont été engagées dans les années 90 par le Conservatoire du Patrimoine Biologique Régional de Midi-Pyrénées en partenariat avec le Syndicat Caprin Inter-départemental et le Conservatoire des Races d’Aquitaine afin de gérer au mieux cette population :

  • Actualisation annuelle de l’inventaire des troupeaux, des mouvements d’animaux, réalisation d’un fichier des élevages et d’une fiche descriptive des animaux.
  • Conseils techniques (sanitaires, zootechniques et génétiques) aux éleveurs.
  • Création, à l’initiative du Conservatoire d’Aquitaine, d’un centre d’élevage de chèvres d’origines diverses et d’un haras de boucs afin d’augmenter le nombre de mâles de race pure issus des meilleures chèvres. Ceux-ci sont par la suite vendus aux éleveurs.
  • Cryoconservation de la semence de bouc pour constitution d’une réserve génétique et mise à disposition des éleveurs intéressés.
  • Une attention particulière est portée à la production laitière depuis 1996 avec la mise en œuvre d’un contrôle laitier chez quelques éleveurs intéressés.
  • Enfin, afin de mieux caractériser cette race, des chercheurs de l’INRA ont publié des recherches sur la fréquence allélique de la caséine ß chez les chèvres de race pyrénéenne

De la sauvegarde au développement

En 2004, les éleveurs ont souhaité se structurer en association. L’association la Chèvre de race pyrénéenne s’est donc créée avec l’ambition de sauvegarder et de développer cette race à caractère patrimonial, dans la continuité des actions entreprises auparavant. L’objectif à plus long terme est de pouvoir vivre de la race pyrénéenne en activité principale.

Notre souhait est de mettre en avant la chèvre de race pyrénéenne comme support de développement durable en montagne, afin d’assurer sa préservation et une valorisation économique optimum de ce patrimoine.

Contrôle de performances

Si la production laitière des chèvres de race pyrénéenne est modeste, certaines chèvres peuvent produire jusqu'à 600 kg de lait par lactation dans des conditions extensives à semi extensives. 
7 élevages sont inscrits au contrôle laitier officiel dans les Pyrénées et fournissent des références pour l'amélioration des performances laitières de la race.

Ensemble du cheptel
(lactations > 180 jours)
2005
9 éleveurs ;
183 chèvres contrôlées
2006
8 éleveurs ;
122 chèvres contrôlées
2007
6 éleveurs ;
131 chèvres contrôlées
Durée moy. de lactation
Quantité moy. de lait
TB moyen
TP moyen
240 jours
279 Kg
38,4
30,4
232 jours
282 kg
39
30,4
232 jours
295 kg
39,6
30
Primipares
(lactations > 180 jours)
2005
15 chèvres
2006
22 chèvres
2007
16 chèvres
Durée moy. de lactation
Quantité moy. de lait

TB moyen
TP moyen
246 jours
269 kg
TB = 39
TP = 30,5
228 jours
238 kg
TB = 40
TP = 31,1
224 jours
215 kg
TB = 40,3
TP = 31


Un auto contrôle de performance se met également en place chez les éleveurs allaitants et permettra de calculer les GMQ 10-30 de la race.

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